Oléron

De marées en marais

Voyage Grand format

A UNE HEURE DE ROUTE OU DE BATEAU DE LA ROCHELLE, L’ÎLE D’OLÉRON CONJUGUE SES PLAGES SAUVAGES, SES PISTES CYCLABLES ET SES CABANES À HUÎTRES AU NATUREL. UN RETOUR EN ENFANCE. 

 

Au large de la plage de Saint-Denis d’Oléron, les kayaks se faufilent le long de l’estran rocheux. C’est marée montante. D’un coup de bec pressé, un tournepierre à collier retourne un caillou, bonne pioche! Au ras de l’eau, émergent des massifs d’hermelles, HLM coquilliers bâtis par des vers marins. Sur les fonds, s’agite tout un petit monde de coques, étrilles, couteaux, crevettes, seiches en pouponnières … « Un seul mètre carré sur l’estran abrite jusqu’à 400 espèces visibles à l’œil nu », s’extasie Jean-Baptiste Bonin, responsable de IODDE (Ile d’Oléron Développement Durable et Environnement), association-pilote pour la protection du littoral.

A quelques coups de pagaie, nous approchons une drôle de construction en U, formée de roches empilées : c’est la Vieille Longe, une des 17 écluses à poissons encore en activité sur les 200 qui encerclaient autrefois Oléron.  « Depuis le Moyen Age, poursuit Jean-Baptiste Bonin, les îliens utilisent ce système de pêche 100 % écolo : les poissons se font piéger dans le bassin, qui reste en eau à marée basse. Si les mareyants passent, ils prélèvent ce dont ils ont besoin. Sinon, adieu bars, seiches, dorades, qui s’enfuient à marée haute ». Un système ingénieux qui comporte des obligations : pour avoir le droit de mareyage sur une écluse, il faut effectuer des corvées de réparation, qu’il pleuve ou qu’il houle.

PARTIR À OLÉRON

A 5 h en voiture de Paris via la A10 ou 3 h 30 en TGV de Paris-Montparnasse à La Rochelle. De là, correspondance en bus ou bateau pour Oléron. Sur place, location de vélo à partir de 15 €/jour. Maison du Tourisme île d’Oléron-Bassin de Marennes.

Baigneuse dans la vagues de l’Atlantique sur la plage de Domino, à Saint-Georges-d’oléron

A une heure de route de La Rochelle, reliée au continent par un viaduc depuis 1966, l’île d’Oléron s’avère plus discrète et sauvageonne que sa voisine Ré, où les prix de l’immobilier flambent. Avec ses petits ports, marais et chenaux, ses maisons blanches et basses, son climat quasi-méridional, elle cultive pourtant la douceur de vivre charentaise en format poche  : 35 km par 12, un point c’est tout. Depuis la mode des bains de mer, à la fin du XIXe siècle, elle a aussi appris à vivre au rythme des vacances scolaires.  Chaque printemps ramène son lot de touristes sur les plages de sable fin, étirées du nord au sud de l’île. Dans les hameaux, les volets bleus, verts, gris des maisons de famille se réouvrent. On redécouvre alors les joies de la baignade, des châteaux de sable, de la pêche à pied, de la voile et du grand air. On se remet au vélo, sur les 130 km de pistes cyclables de l’île. On prend le temps d’aller flâner au marché…

Mais touristes ou pas, les Oléronais vivent leur vie d’îliens, accrochés aux horaires de marées. Ici, on est avant tout marin-pêcheur, ostréiculteur, mareyeur ou agriculteur.

Le mot de Pascale

"Avoir une maison de vacances à Oléron, c'est mon rêve! Si je pouvais choisir, je poserais mes bagages tout au bout de l'île, près de la grande plage sauvage de Domino., là où il y a moins de touristes en été. J'irais me baigner 3 fois par jour, je ferais mon marché chaque semaine et je ne me déplacerais qu'à vélo. Un petit tour à la Rochelle par le bateau express de temps en temps, pour la culture. Mais voilà, on ne peut pas toujours choisir!

Du phare de Chassiron, la tour Eiffel locale, 46 mètres et 224 marches, le panorama révèle les « jardins » du nord de l’île. Côté mer, au delà de la ligne brune de l’estran, s’ouvre le pertuis d’Antioche, le détroit poissonneux qui sépare Oléron et Ré. Au large, Fort Boyard. Côté terre, un patchwork de champs cultivés en primeur. C’est la patrie du fameux oignon doux de St-Urgent, entre autres. 

Les cabines de plage peintes de Vertbois

A vélo sur les pistes cyclables de l’île

Le port de pêche de La Cotinière

Pour aller y voir de plus près, il faut partir à vélo. Au fil de la côte ouest, s’enchaînent dunes et forêts de pins. Les ganivelles, des chemins palissés de bois, mènent aux longues plages sauvages : les Huttes, rendez-vous des surfeurs, La Biroire, La Rémigasse, Vertbois…  Mais le port de La Cotinière rappelle qu’on est bien en terre de marins. Animation garantie au retour des chaluts, quand les pêcheurs déchargent le poisson sur les quais de La Criée. La côte est, elle, est le territoire de l’huître Marennes-Oléron. Importée du Japon dans les années 1970, cette crassostrea gigas se plait dans les eaux calmes du bassin. 

De Boyardville à Saint-Trojan, des cabanes à huîtres peintes de toutes les couleurs fleurissent le long des chenaux. Certaines servent encore à trier les huîtres, d’autres sont devenues cabanes d’artistes. A perte de vue, se dessinent les coursières, les chemins d’eaux que remontent les barges des « paysans de la mer » jusqu’aux parcs à huîtres. Coupant à travers les marais, la route de l’Eguille rejoind le village ostréicole de Fort-Royer. Sur ce site réhabilité, une dizaine d’ostréiculteurs travaillent à l’ancienne. « Au lieu d’acheter des larves d’huîtres en écloseries, ils les captent en mer, puis élèvent les huîtres durant quatre ans dans les parcs au large, explique Evelyne Morgat, responsable de l’association locale.  Vient alors l’affinage dans les claires. Riches en planctons, ces anciens bassins de marais salants, sont de véritables palaces 5* pour les huîtres. Selon la durée de leur séjour, elles y deviennent Fines de claire, Spéciales de claire ou Pousses de claire, des Rolls Royce à la chair vert-bleutée. »

Il ne reste plus qu’à déguster ! Où ? A l’Atelier, sur le port de Château d’Oléron, on compose son plateau d’huîtres à la pièce,  pour pouvoir comparer. Au Relais des Salines, au cœur des marais de Petit Village, on déguste les incontournables huîtres chaudes à la fondue de poireau. Difficile de les départager !

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Jean-Philippe

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Cabanes ostréicoles et bateaux de pêche sur le port de Saint-Trojan-les-Bains

PARTIR À OLÉRON

INFOS. Maison du Tourisme île d’Oléron-Bassin de Marennes.

Y ALLER. 5 h en voiture de Paris via la A10 ou 3 h 30 en TGV de Paris-Montparnasse à La Rochelle. De là, correspondance en bus ou en bateau pour Oléron. Sur place, location de vélo à partir de 15 €/jour. 

ESCALES

Le Square. Au coeur de St-Pierre d’Oléron, une demeure du XVIIIe siècle avec agréable piscine. 

L’Albatros. Une délicieuse maison blanche à volets bleus au bord de la plage de St-Trojan.

Les Jardins d’Aliénor. Un boutique-hôtel design doublé d’une table « gastronomique » à Château d’Oléron. 

BONNES PÊCHES

Le stage « Carnet de voyage » de Jean-Marc Blanchard, pour apprendre à dessiner en live les paysages d’Oléron. Tel : 06 85 33 41 44. 

Une rando kayak/stand Up Paddle au départ de St-Denis d’Oléron avec Sur Une île

Un soin D-Stress, Silhouette ou anti-âge au Sofitel Thalassa Sea & Spa

Une bourriche d’huîtres à la « cabane du port» de Château d’Oléron, où Bernard et Sophie Montauzier proposent aussi salicornes et crevettes impériales certifiées bio.

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