OISE

Fugue de printemps en Vallée de l'Automne

L’automne, C’est une petite rivière de rien du tout qui serpente entre Oise et Aisne, au nord de Paris. Elle court dans une vallée champêtre, semée de champs de blé, de petits bois et de vieux villages à croquer. Pourtant, l’histoire de France est passée par là (et moi aussi!). 4 chouettes balades en mode déconfinement.

En ce printemps post-confinement, quitter Paris en voiture et filer plein nord vers l’Oise offre un sentiment de liberté assez inégalé. Passée l’autouroute, les premiers champs pointent leur nez. Comme la campagne est belle! Cap sur la mini-vallée de l’Automne, qui égraine ses clochers et ses vallons sur 34 km et promet quelques balades au vert. Aussi modeste soit-elle, la rivière qui la baigne n’a pas échappé à l’Histoire de France. Son nom n’a rien à voir avec la saison, mais est une déformation du  gaulois Altona (le suffixe ona, déesse, rappelant que les rivières étaient autrefois sacrées). Elle arrose le beau pays de Valois, qui a offert  une dynastie royale à la France. Et elle prend sa source près de Villers-Cotterêts, là même où François Ier imposa par ordonnance l’usage du français plutôt que du latin. Bref, voilà un petit coin  « bien de chez nous » calibré pour la rando.

Vez et la haute vallée

Le donjon de Vez enfoui dans la verdure.

Un ancien moulin sur les rives de l’Automne, au hameau de Petit Vez.

L’abbaye Notre-Dame du Lieu Restauré

Le GR 11 musarde en sous-bois, au milieu des boutons d’or et des ombelles.

L’aventure commence à Vez, un village de 283 habitants perché au dessus de la vallée de l’Automne… Son nom vient de vadum, le gué en latin. Autour de sa vieille église, les ruelles serrent des maisons et des fermes en pierre, des jardins fleuris. Mais la gloire locale, c’est le château féodal, dont le donjon pointe entre les arbres.  Bâti au XIVe siècle, il aurait été occupé par les Anglais  pendant la guerre de Cent ans et Jeanne d’Arc aurait même séjourné dans la forteresse, en 1430… A pied, on suit le sentier bucolique qui dévale à travers champs vers la rivière. Du hameau de Petit Vez,  le GR 11 suit le cours d’eau, musarde en sous-bois au milieu des boutons d’or, coupe à travers les marais et rejoint le grand pré où repose une belle endormie : c’est  l’abbaye Notre-Dame de Lieu Restauré. Pourquoi Restauré? Parce qu’après la guerre de Cent Ans, les moines l’ont reconstruite dans le style gothique flamboyant. La rosace de son église est une des plus belles de France! Depuis des années, une équipe de bénévoles restaure les bâtiments avec les moyens du bord…

7 km à pied en boucle autour de Vez. Carte détaillée et parcours ici.  

Les clochers de Fresnoy-la-Rivière

Départ de Fresnoy, entre champ et rivière.

Une maison en pierres de calcaire (de l’Oise) à Elincourt.

La rivière musarde sous les saules.

L’abbaye de Morienval et son église romane.

Le marronnier de la chapelle St-Annobert, rendez-vous des ados.

Arrivée à Fresnoy-la-Rivière, 651 habitants, une église, 4 vieux lavoirs mais pas d’épicerie…Pas grave, le pique-nique est déjà dans le sac à dos. Du village, le chemin de randonnée file le long de l’Automne, qui serpente entre les saules. A l’orée des bois, un grand champ déroule son tapis vert. Seigle ou blé? Y’a débat. Verdict de l’appli PlantNet : c’est du seigle. Aux hameaux de Rocquigny et Elincourt, les vieilles fermes en pierres ont des airs pimpants et des fleurs aux fenêtres. L’occasion de rappeler que le beau calcaire blanc extrait sur les côteaux de l’Oise a servi à construire presque tout Paris, des thermes romains de Cluny au Panthéon! Mais le clou de la balade, c’est l’abbaye romane de Morienval, perchée au dessus de la rivière. Au IXe siècle, sous le règne de Charles le Chauve, elle accueillait exclusivement des femmes. Aujourd’hui, son parc abrite les créations parfumées du fameux rosiériste anglais David Austin. Encore une grimpette en sous-bois et on rejoint la chapelle Saint-Annobert, blottie au milieu des champs de blé, sur le plateau. Les ados du village ont rendez-vous sous le marronnier…

9 km à pied en boucle autour de Fresnoy-la-Rivière. Carte détaillée et parcours ici

Les ruines de Champlieu

Sieste dans la verdure.

Un site à découvrir à pied… ou à vélo.

Ambiance bucolique à l’amphithéâtre de Champlieu

Les anciens thermes, à l’ombre des hêtres.

De  la place du château d’Orrouy, une autre balade invite à remonter le temps encore plus loin… Le chemin de randonnée démarre à la fraîche, dans les sous-bois, puis remonte vers le plateau nappé d’immenses champs de blé. C’est là, dans un écrin de verdure ombragé de vieux hêtres, que se déploie le site gallo-romain de Champlieu. Il fut découvert au XIXe siècle et depuis, les archéologues y ont dégagé un temple, un théâtre et des thermes datés du Ier siècle après JC (si, si!). Les vues aériennes le révèlent. Tout autour, il y eut là une véritable ville, avec des rues, des habitations. Les fouilles ont même mis au jour des traces d’activités rituelles antérieures à la conquête romaine. Occupé dès l’époque gauloise, ce site appartenait au territoire des Silvanectes, qui avaient pour capitale l’antique Senlis, à 20 km de là. Savourer le calme des lieux en soirée, quand le soleil dore les vieilles pierres. S’allonger dans l’herbe, face aux ruines des thermes ou sur les pentes herbues de l’ancien théâtre et imaginer la vie à Champlieu la bien nommée dans l’Antiquité… 

8,5 km à pied en boucle autour de Orrouy. Carte détaillée et parcours ici

Les remparts de Crépy-en-Valois

Les remparts  et le clocher de St-Denis (XIIe siècle).

Le chemin vers la vieille ville, au pied des remparts.

L’hôtel particulier Saint-Joseph (1649), rue du Four.

Le château des seigneurs de Crépy-Nanteuil (XIIe & XIIIe siècles).

Le château vu du parc de Sainte-Agathe

Premier foyer de l’épidémie de Covid-19 dans l’Oise, Crépy-en-Valois a beaucoup fait parler d’elle en avril dernier. Depuis, le confinement est passé par là et la cité médiévale a retrouvé son calme. Tant mieux! Sa grande histoire commence au Xe siècle avec les puissants comtes de Valois, tantôt amis, parfois rivaux des rois de France. Château, abbaye, remparts… Au coeur du fertile pays de Valois et sur la route des foires de Champagne, Crépy a prospèré au Moyen Âge. Et quand le Valois fut intégré au domaine de la Couronne et devint duché, en 1213, elle continua d’attirer l’élite du royaume. Pour plonger dans l’histoire, partez du parc au pied des remparts et remontez vers la vieille ville. Au fil des ruelles aux noms évocateurs (place du Pilori, rue des Marmousets, rue de la Souris…), s’égrainent nobles demeures en pierre de taille, façades sculptées, portes cochères et rosiers grimpants. Le château des Seigneurs de Crépy et Nanteuil abrite un réputé musée de l’archerie (fermé lors de mon passage, mais désormais réouvert). On peut aussi admirer la forteresse depuis le  parc de Sainte-Agathe. Et en suivant le ru des Taillandiers, affluent de l’Automne, on pousse la balade jusqu’à l’étang du grand pré. 

Visite guidée (10 €/pers.). Office du tourisme du Pays de Valois à Crépy-en-Valois.

Quizz/Quelques plantes croisées en chemin

Informations

Infos hébergements, visites et randos dans la Vallée de l’Automne à l’Office du tourisme du Pays de Valois ou sur Oise Tourisme.  Une jolie adresse (parmi d’autres) pour se poser : le Gîte de l’Essart l’Abesse à Morienval, dans une vieille ferme en pleine nature.  

Y ALLER

En voiture, Crépy-en-Valois est à 70 km au nord de Paris, sortie via la A3. En train TER, 40 mn au départ de Paris nord. Infos sur Oui Sncf .

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