Croatie

Au bonheur des îles dalmates

Voyage Grand format

AU LARGE DE LA CITÉ HISTORIQUE DE SPLIT, FONDÉE PAR L’EMPEREUR ROMAIN DIOCLÉTIEN AU IIIe SIÈCLE, UNE MYRIADE D’ÎLES BOISÉES S’ÉTIRE SUR LA MER ADRIATIQUE : HVAR, KORCULA, LASTOVO… C’EST PARTI POUR UNE VIRÉE DE PORTS DE POCHE EN CRIQUES BLEUES. 

A l’entrée de la cité de Split, Marco et Ivan battent le pavé en costumes de centurions, tuniques, casques et sandales dénichés sur Ebay. Une famille de touristes s’arrête pour un selfie avec eux, moyennant pourboire. En ce matin ensoleillé de juin, la saison bat déjà son plein dans la petite capitale de la Dalmatie du sud. Sur les quais aux pavés de calcaire étincelant, les cafés ouvrent leurs parasols en terrasse. Au large, un ferry taille vers les îles, de l’écume blanche dans son sillage. Deuxième ville de Croatie après Zagreb, avec 200 000 habitants, Split cultive ses airs balnéaires. Mais c’est d’abord une cité d’histoire.

Passer la Porte de bronze, qui relie le port à la ville fortifiée, c’est remonter le fil du temps, jusqu’au IIIe siècle après JC. C’est à cette époque que l’empereur romain Dioclétien bâtit sur les rivages dalmates sa cité-palais, un des ensembles antiques les mieux conservés au monde, aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’Unesco. « Né en Dalmatie romanisée, ce fils de bergers a gravi tous les échelons de l’armée impériale avant d’atteindre au poste suprême. Au fil de ses campagnes militaires contre les Barbares, il s’est aussi taillé une sinistre réputation de persécuteur de chrétiens », explique l’historienne locale Anita Penic. Pour édifier son rêve de pierres, Dioclétien fait venir des îles voisines des cargaisons de blocs de calcaire, élever des remparts, construire un aqueduc de 17 km, alimentant la ville en eau… Aujourd’hui, la place du Péristyle reste le cœur de la cité. Entourée d’une colonnade corinthienne, elle abrite l’ancien mausolée de l’empereur et l’ex-temple de Jupiter, devenus la cathédrale Saint-Domnius et son baptistère. Chaque jour d’été à midi, des figurants en costumes viennent y rejouer le Salut de l’empereur,  dans un concert de trompettes triomphantes. Les touristes se serrent les coudes pour voir apparaître au balcon le faux Dioclétien, drapé dans sa toge.

PARTIR À SPLIT ET DANS LES ÎLES DALMATES

De mai à octobre, Croatia Airlines propose 3 vols directs quotidiens Paris CDG-Split (2 h). Sur place, transferts vers les îles en ferry avec la compagnie maritime Jadrolina.

Coucher de soleil sur le clocher de l’église et du monastère franciscain Our Lady of Grace, bâti au XVe siècle à quelques encâbures de la cité de Hvar.

Dans la cathédrale, on cherche en vain le sarcophage de Dioclétien. Les chrétiens de la cité l’ont jeté à la mer en 316, avec les statues païennes qui ornaient le palais. Mais bien d’autres vestiges antiques émaillent la ville fortifiée, agrandie au Moyen Age par les Vénitiens. Sous la coupole en pierres du Vestibul, par où l’empereur quittait ses appartements, une chorale de barbus en chemises noires entonne des chants dalmates traditionnels. L’acoustique est encore excellente. Dans l’ancien quartier des tavernes romaines, la Diocletian Wine House accueille les voyageurs entre ses murs du IIIe siècle. La spécialité de la maison : la pasticada, l’agneau braisé aux gnocchis, accompagné d’excellents vins de Dalmatie. Dans les entrailles de Split, on explore aussi les souterrains de l’époque romaine, un dédale de salles voûtées en briques, qui servaient autrefois de logements aux esclaves. La série américaine Game of Thrones, saison 4, y a en partie été tournée. Après la visite du beau musée archéologique, direction les criques qui émaillent le sentier côtier au pied de la colline boisée de Marjane, pour piquer une tête dans les eaux de l’Adriatique. 

Le mot de Pascale

"Si vous êtes allergique à la foule, évitez de partir en plein été dans les îles de l'archipel dalmate. Mais au printemps ou à l'automne, vous aurez les criques et les sentiers pour vous tout seuls. Mon escale coup de coeur sur la route : l'île-hôtel de Palmizana, qui a été transformée en petit paradis botanique par une famille d'artistes italiens.

Pour rejoindre l’île de Hvar, on embarque pour une traversée d’une heure en catamaran rapide. A l’arrivée,  Hvar-city, le Saint-Tropez dalmate, joue les cartes postales, avec ses maisons blanches, ses palais, ses églises dévalant la colline jusqu’au port. « Au Moyen Age, quand les Vénitiens étaient maîtres des lieux, ils bâtirent ici des fortunes grâce au commerce maritime avec la Turquie, la Syrie, l’Iran… », explique Sinisa Milkucic, fondateur de Secret Hvar, qui propose des découvertes thématiques de son île.  

Bar à vin dans une ruelle de Korcula

Hommage à un seigneur dalmate (XIe siècle), Musée archéologique de Split.

L’entrée du palais-hôtel Lesic Dimitri à Korcula

Les courageux grimpent au vieux fort, d’où le regard embrasse la baie, la mer, les îles. Les paresseux suivent la promenade menant de la place de la cathédrale jusqu’aux criques encadrées de pins d’Alep. Les hédonistes mettent le cap sur la réserve écologique des îles Palinski, à 15 mn au large. Propriété d’une famille d’artistes, le poétique hôtel-restaurant Palmizana s’y niche au cœur d’un superbe jardin botanique, transformé en galerie d’art en plein air. Plus secret, plus sauvage, le reste de l’île se découvre en 4X4, au fil d’une route en lacets de 70 km. Quelques trésors en chemin ? Les champs de lavande nappant de mauve le plateau, en surplomb sur l’Adriatique, le village perché de Velo Grabje, qui reprend peu à peu vie grâce à une poignée de jeunes couples revenus s’y intaller,  les vignobles en terrasse du cœur de l’île, qui produisent le fameux Plavac, un rouge aux saveurs corsées.

Le lendemain, le ferry appareille pour Korcula, à une heure de navigation. Ceinte d’une muraille renforcée de tours et de bastions par les Vénitiens, quadrillée de ruelles pavées, la capitale de l’île est un autre petit bijou à découvrir, avec sa cathédrale et ses nobles demeures Renaissance. On y pose ses bagages dans des B&B historiques, comme le Lesic Dimitri, un élégant petit palais d’hôtes du XVIIIe siècle. Au menu du dîner, pris sur les quais, au bord de l’eau: carpaccio de saint-Jacques sur lit de fleurs de courgettes, fenouil et roquettes, agneau rôti en réduction… Le reste de l’île se découvre à vélo ou à scooter. Déroulant ses îlots et ses criques blondes au fil du chenal qui la sépare de la presqu’île de Pejesac, Korcula a gardé un charme authentique, une vie paysanne. Et on y mange bien!

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Petit paradis à louer (avec bateau) au village restauré de Lucida, sur l’île de Lastovo. 

Au sud, autour de Lumbarda, les vignes plantées sur le sol sablonneux produisent un vin blanc fruité et délicat au nom impossible, le grk. Essayez voir, vous allez rire. Au centre, les champs d’oliviers donnent de fameux crus d’huile d’olive extra-vierges, à déguster au pressoir. Et dans les fermes-auberges des villages, comme la Konoba Mate à Pupnat, on savoure cochonnailles « maison », salades aux herbes aromatiques, fromages frais de chèvre… Encore une heure de bateau, et les passagers débarquent sur l’île de Lastovo, un petit bout du monde. Son unique l’hôtel, une grande bâtisse blanche construite au temps de la Yougoslavie, se nomme le Solitudo à Ubli. Ambiance post-communiste mais situation imprenable, au bord de l’eau. Et pour les B&B, on a le choix! Seulement 700 habitants vivent encore à l’année sur l’île, beaucoup ont immigré pour aller chercher fortune ailleurs. Témoin l’ancien village de Lastovo, fondé au XVe siècle au sommet d’une colline dominant la mer.  Ses trois églises sont encore entretenues, mais au fil des ruelles pavées en escaliers, nombre de demeures ont été abandonnées et peu à peu, la nature reprend ses droits : ici et là, des câpriers, des figuiers poussent entre les pierres… Classée parc national en 2006, avec l’archipel de 44 îlots qui l’entoure, l’île fait pourtant le bonheur des amateurs de nature. On savoure ici des bonheurs simples : nager dans l’eau limpide, se balader à la fraîche dans les collines odorantes, explorer les criques secrètes de l’archipel en zodiac loué à la journée, admirer les ciels purs et étoilés à la nuit tombée… Un petit paradis, on vous dit !

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PARTIR À SPLIT ET DANS LES ÎLES DALMATES

SE RENSEIGNER : Office du tourisme de Croatie, infos en français. Passeport ou carte d’identité en cours de validité. Monnaie : le kuna croate (10 HRK = 1,3 €).

Y ALLER :

En voyage organisé : Bemex Tours, le spécialiste de la Croatie, propose des circuits ou des séjours organisés en Dalmatie du sud, comme une croisière 7 jours en goëlette de Split aux îles dalmates.

En solo : De mai à octobre, Croatia Airlines propose 3 vols directs quaotidiens Paris CDG-Split (durée du vol : 2 h). Sur place, transferts vers les îles en ferry avec la compagnie maritime Jadrolina.

Y SEJOURNER.

Le site booking.com propose chambres et appartements à louer à Split et dans les îles, pour tous les budgets.

Mes autres « coup de cœur » : A Split, Vestibul Palace, un élégant boutique-hôtel de 7 chambres et suites, au cœur de la cité-palais de Dioclétien.  A Hvar, Amfora Grand Beach Resort. Un luxueux resort  avec piscine, à deux pas des plages et de la ville de Hvar. A Korcula, Fabris Hotel, 10 chambres vue mer, dans une demeure historique de la vieille ville. A Lastovo, Hotel Solitudo à Ubli. Chambres et suites  confortables, sur une des plus belles baies de l’île. 

SAVOURER

La traditionnelle pasticada, l’agneau braisé aux gnocchis et les vins de Dalmatie dans nombre d’auberges de Split, comme la Diocletian Wine House. Les beaux produits des îles (poissons, agneau, huiles d’olive, légumes du jardin, fromages de chèvre…), en version gastronomique au Palmizana, dans l’archipel Palinski (à 15 mn de bateau de Hvar) et au Lesic Dimitri, sur le port de Korcula ou en mode champêtre dans les fermes-auberges, comme Zbondini au village de Velo Grabje de Hvar, Mate au village de Pupnat à Korcula, Podanje au village Pergovo de Lastovo.

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