La Colombie

Nouvel El Dorado

Voyage Grand format

TRÉSORS INDIENS, CITÉS COLONIALES, PLANTATIONS DE CAFÉ, PLAGES DRAPÉES D’OR… DE BOGOTA AUX RIVAGES CARAÏBES, LA COLOMBIE S’OUVRE AUX VOYAGEURS. UN NOUVEL EL DORADO À CONQUÉRIR.

Deux yeux fendus, une bouche mince. Surgi du fond des âges, comme animé d’une lumière propre, le masque martelé à l’or fin luit doucement dans la pénombre. Il fut sculpté vers 500 av. JC par les indiens Chibcha, qui vivaient alors dans la Cordillère orientale, au-dessus d’une ville qui n’existait pas encore.  Ce n’est qu’un des trésors de la collection du Musée de l’or de Bogota, riche de 36 000 pièces. Là des armes ciselées, des pots à chaux, des bijoux délicats à l’effigie de jaguars, de chrysalides de papillons, de grenouilles : le visiteur reste saisi devant la beauté de ces objets autrefois offerts par les caciques indiens au dieu du soleil, lors de la cérémonie rituelle d’El Dorado.

Atterrir à Bogota, la capitale de Colombie, perchée sur un plateau andin à 2600 mètres d’altitude, est un choc. La ville fut fondée en 1538 par les colons espagnols. C’est aujourd’hui une mégalopole de 8 millions d’habitants où se côtoient tous les extrêmes : résidences sous vidéo-surveillance, pistes cyclables et centres commerciaux flambant neufs dans les quartiers aisés ; bidonvilles, ruelles en terre et terrains de football improvisés dans les favelas grignotant les collines. Pour les voyageurs de passage, la découverte de la ville se concentre sur quelques sites « phare ». Pour une vue panoramique sur la cité tentaculaire, on saute dans le téléphérique pour la colline de Montserrat.

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Masque Tolima au Musée de l’or de Bogota. 

Le téléphérique de la colline de Montserrat.

Puis cap vers le quartier historique et la plaza Major, où fut décrétée l’indépendance de la Colombie en 1810… Mais il faut aussi prendre le temps de flâner dans les ruelles de la Candelaria, autour de l’Université, semées de murs peints, de petits cafés, de musées comme celui dédié au peintre Botero, l’enfant du pays. Enfin, le pèlerinage s’impose à la « cathédrale de sel » de Zipaquira, à quelques encâblures de la capitale. Taillée à 180 mètres sous terre dans une ancienne mine de sel, elle témoigne à elle seule de la ferveur des Colombiens d’aujourd’hui pour la Vierge Marie. Plus prosaïquement, on peut acheter des émeraudes dans les boutiques souterraines du site, non soumises aux taxes gouvernementales !  

Voyager dans le reste du pays impose quelques règles de base : bien qu’un accord historique ait été signé en 2016 entre le gouvernement et les guérilleros du FARC, mieux vaut éviter les zones proches des frontières et privilégier les déplacements en avion plutôt que les longs transports par la route. Ces précautions prises, on peut sereinement s’offrir un parcours reliant Bogota à la côte Caraïbes.

Pascale Desclos journaliste portrait

Le mot de Pascale

« L’avion reste aujourd’hui le meilleur (et le plus rapide) moyen de circuler entre les différentes régions de Colombie. Pour souffler à la fin du périple, je recommande chaudement une étape finale à Santa Marta, sur les plages de la côte Caraïbes. »

A une heure de vol de la capitale, la province du Quindio  plonge le voyageur au cœur de El Eje Cafetero, la zone caféière, dans les collines de la cordillère centrale… C’est là, sur des terres volcaniques entre 1100 et 1700 mètres d’altitude, dans le chaud et humide climat équatorial, que pousse un des meilleurs cafés du monde. De la maison d’hôtes Sazagua, blottie au creux de jardins luxuriants, une route en épingle à cheveux dévoile des hectares de caféiers à flancs de côteaux, des villages coloniaux aux couleurs pimpantes, un paysage aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

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Colombie - Une plantation de café de la région d’Arménia, dans la cordillère centrale.

Une plantation de café de la région d’Arménia, dans la cordillère centrale.

Ce matin, le soleil fait reluire les façades en bois peint de jaune, bleu, rouge des maisons dans les rues de Filandia. Aux terrasses des cafés, sur la place du marché, les discussions vont bon train. Chapeaux de paille et ponchos jetés sur l’épaule, les cafeteros discutent des caprices de la météo et des cours de l’arabica. Autour de la coopérative, reconnaissable à son enseigne à l’effigie du planteur Juan Valdez et de sa célèbre mule Conchita, c’est le va-et-vient des Willys, ces jeeps agricoles rachetées aux Américains après-guerre. A quelques kilomètres, une piste de terre mène à la plantation Genova. La demeure à arcades du propriétaire domine le cirque des collines. Fervent défenseur de l’agriculture bio, Don Hernando produit un excellent arabica « lavé », qui doit son goût suave et fruité à sa préparation. « Selon le procédé colombien traditionnel, les grains mûrs sont lavés, séchés puis épluchés pour éviter la fermentation avant la torréfaction, explique le planteur.

Toute l’année, avec un pic en octobre-novembre, les grains sont livrés à la Fédération des planteurs, puis pesés et estimés selon la qualité. Les meilleurs crûs sont généralement exportés vers l’étranger. »

Encore un saut de puce en avion, et à nous la belle Carthagène des Indes, elle aussi classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Bâti au début du XVIe siècle sur une lagune au bord de la mer Caraïbes, le vieux port du Nouveau monde exerce toujours sa magie. Derrière ses remparts, au fil des ruelles pavées, s’égrainent églises, palais et demeures historiques aux façades jaune soleil. Comme dans un théâtre en plein air, on y flâne de plazas en musées, on s’y promène en calèche à cheval, on achète à l’étal des marchands ambulants des mangues ou des ananas coupés en tranches. L’escale s’impose aussi à l’auberge La Mulata pour savourer le fameux « poisson frit-riz coco-bananes plantain ». 

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Colombie - Les toits de Carthagène et l'église San Pedro Claver

Les toits de Cathagène et le dôme de l’église San Pedro Claver. 

Tourisme oblige, nombre de demeures de la cité ont été reconverties en hôtels de luxe, restaurants ou galeries d’art. Quant au port, un des plus actifs d’Amérique latine après celui de Panama, il a déménagé de l’autre côté de la baie. Alors pour un supplément d’âme, on pousse l’aventure vers le quartier plus authentique de Getsemani, semé de maisons basses, vers les plages chics de Boca Grande ou jusqu’à la forteresse de San Felipe, qui a résisté aux multiples raids anglais et français. Le guide et historien local Sergio Camacho y raconte l’organisation de la colonie d’autrefois : « Après trois semaines de traversée, les gallions espagnols ravitaillaient Carthagène en huile, en vaisselle et surtout en milliers d’esclaves noirs avant de repartir les cales chargées d’or et d’émeraudes. Les strates sociales étaient strictement définies. En bas de l’échelle, il y avait les Sambo, mélanges d’Africains et d’Indiens. Juste au-dessus, les mûlatres et les métis, issus de l’union des noirs ou des Indiens avec des Espagnols.

Les mieux lotis étaient les Espagnols de sang purIl reste encore aujourd’hui bien des traces de ces divisions dans la société colombienne. »

Les amoureux de nature, eux, poursuivent le périple à 4 heures de route, jusqu’à Santa Marta, au bord de la mer Caraïbes. C’est là que le héros de l’indépendance sud-américaine Simon Bolivar acheva ses jours en 1830, dans une hacienda aujourd’hui devenue musée et mausolée. Mais on vient avant tout découvrir ici le parc national de Tayrona. Au pied de la plus haute montagne côtière du monde (5575 mètres), la jungle tend sa trame verte jusqu’aux rivages. Sur les sentiers de randonnée, on croise des arbres étranges, des singes hurleurs, des fourmiliers-paresseux (ou tamandua), des perroquets multicolores. Au bout du chemin, se déroulent des plages de début du monde, au sable blond comme l’or. Nous l’avons trouvé, notre El Dorado !

UN LIVRE, UNE VOIX

L’Amour au temps du choléra, Gabriel Garcia Marquez, éd. Le Livre de Poche

Un extrait de 2 mn 16 lu par Jeanne Fichou

A la fin du XIXe siècle, à Carthagène des Indes, une ravissante écolière et un jeune télégraphiste pauvre se jurent un amour éternel. Mais Fermina épouse finalement un brillant médecin… 

PARTIR EN COLOMBIE

Avec Les Maisons du Voyage, qui proposent plusieurs circuits individuels en voiture avec chauffeur et guide francophone, incluant le vol AR Paris-Bogota, les hébergements en hôtels de charme, les repas, les correspondances aériennes sur la compagnie locale Avianca. 

INFOS Office du tourisme de Colombie . Passeport en cours de validité + 6 mois. Monnaie : le peso colombien. Climat équatorial, avec saison sèche de novembre à mars et saison humide d’avril à octobre. Décalage horaire. – 7 h (-6 h en hiver). Langue : l’espagnol.

 BONNES ADRESSES :

A Bogota, Sofitel Victoria Regia 5*. Chambres confortables et élégantes et délicieux petit-déjeuners avec jus de fruits locaux, dans le quartier touristique de Zona Rosa. Un dîner ? A deux pas, on savoure mojitos, tapas et brochettes de viandes grillées dans le délirant décor latino du Andres Carne de Res 

Dans la zone caféièreSazagua Boutique Hotel de Pereira. Une ravissante hacienda ocre rouge, au creux d’un jardin exotique avec piscine. Un dîner ? Au proche village de Filandia, stop recommandé au Helena Adentro pour ses recettes traditionnelles colombiennes et son joyeux cadre coloré.

A CarthagèneCasa Pestagua. Un palais d’hôtes du XVIIIe siècle, au charme historique intact. Un dîner ? Dans le centre historique, coup de cœur pour les spécialités locales (poisson grillé, bananes plantain et riz coco) de La Mulata 

A Santa MartaCasa del Farol. Une agréable demeure coloniale, avec terrasse panoramique sur la cathédrale. Un dîner ? Tout proche, le Donde Chucho propose une belle carte de fruits de mer (poissons, calamars, poulpes) avec sauces salsa au choix.

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