Ile d’Aix

Grande histoire d’une petite terre

Voyage Grand format

SON NOM EST TELLEMENT FAMEUX QUE L’ON EST ÉTONNÉ DE DÉCOUVRIR QU’IL FAUT À PEINE UNE HEURE À VÉLO POUR EN FAIRE LE TOUR. MAIS DÈS QUE L’ON POSE UNE ROUE SUR L’ÎLE D’AIX, LE CHARME AGIT !

L’Ile d’Aix, c’est un croissant de quelques arpents posé à l’embouchure de la Charente. Coincée entre le continent et l’île d’Oléron, elle aurait pu rester un petit bout de terre balayé par les embruns, réservé à quelques ostréiculteurs. Il n’en est rien. Elle a écrit son nom si haut dans l’Histoire que sa renommée est à l’égale de sa voisine, pourtant 145 fois plus grande ! Selon la légende, Saint Malo fit escale sur l’île, alors habitée par quelques moines, vers 600. Les traces de cet événement ont disparu, probablement balayées par les invasions normandes. Le véritable essor économico-religieux d’Aix date du tournant du premier millénaire. Le châtelain local fait don de cette terre à l’abbaye de Cluny, la plus puissante et la plus prestigieuse de son temps.

Deux siècles durant, le prieuré de l’Ile d’Aix rayonne sur la région. Pour en trouver les vestiges, il faut traverser le bourg. De l’ensemble monastique, ne reste que l’église remaniée et la crypte. « Une crypte romane remarquable qui remonte très certainement à la fondation du prieuré», souligne Christophe Richard, guide conférencier.

Les vélos filent le long de la plage aux Coquillages ; puis c’est entre forêt et petites criques que nous slalomons avant de poser nos bicyclettes au fort Liédot. « Il est le dernier construit ici, en 1810.» précise Christophe. Sur l’île, les fortifications sont omniprésentes. Du fort de la Rade aux batteries côtières, elles font autant partie du patrimoine que de l’identité de la région. Au XVIIe siècle, Louis XIV choisit les bords de la Charente pour édifier un arsenal qui se veut à la hauteur des ambitions du royaume. Rochefort sort littéralement de terre. Installée dans une boucle du fleuve, cette ville nouvelle est entièrement dédiée à la Marine du Ponant. Un tel dispositif ne peut rester sans protection.  Rochefort et son estuaire seront défendus par un ensemble de forts constituant une ceinture de feu.

PARTIR À L'ÎLE D'AIX

En voiture, rendez-vous à Fouras, ville qui se trouve entre La Rochelle et Rochefort pour prendre le bateau.

À Fouras, allez jusqu’à l’embarcadère à la Pointe de la Fumée. Lors de la traversée, vous apercevrez le fort Enet, et au large Fort Boyard !

Si vous venez en train ou en avion, prenez le bateau à La Rochelle ! Les infos, c’est sur l’Office du tourisme Rochefort Océan.

On pédale, électrique ou pas, partout sur l’île, interdiction aux voitures oblige. 

Le plus ancien est celui de Fouras, château médieval remodelé par Vauban, dont le donjon offre une vue à 360° sur l’estuaire. Le fort Lupin, situé à Saint Nazaire sur Charente est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de l’architecte militaire. Le fort de Louvois, ancré à Bourcefranc-Le Chapus, au pied du pont de l’île d’Oléron, est avec sa forme si particulière de fer à cheval, le dernier commandé par Louis XIV.

Ces fortifications n’empêchent pourtant guère les Anglais de venir rôder autour des côtes. En 1757, ils envahissent l’île d’Aix rasant entièrement le fort de la Rade. L’île garde de cette bataille le souvenir de son meunier héroïque, qui défendit son moulin comme s’il s’agissait de la dernière des places fortes. Impressionné par tant d’audace mais aussi (et surtout) par l’imposant système mis en œuvre par les Rochefortais et leur ceinture de feu pour préserver leur arsenal, les Anglais firent demi-tour…

Croisant le pas lourd et régulier des chevaux qui tirent la calèche, rare «voiture» autorisée sur l’île, la balade à vélo longe les différentes batteries côtières, dont certaines transformées en entrepôts. Celle de Jamblet, qui fut en fonction jusqu’à la Seconde guerre mondiale, abrite un espace muséographique qui raconte le rôle militaire de l’île. Car Louis XIV ne fut pas le seul souverain à fortifier l’embouchure de la Charente. En 1801, Bonaparte, alors Premier consul, réorganise la flotte de l’Île d’Aix et renforce les fortifications de l’estuaire.

Le mot de Jean-Philippe

"Pour tous ceux, et nous sommes nombreux, à ne pas être îliens, une île c’est toujours un petit bout de terre à part. Parce qu’elle est isolée, on la croit hors des contingences du monde, on imagine ses habitants comme une communauté unie car endurcis par les éléments. Et plus elle est petite, plus elle attire. Avec ses quelque 200 habitants, son joli village, ses côtes découpées et sa centaine d’hectares, Aix donne furieusement envie de poser ses valises, au moins pour quelques jours…"

De cette époque date le plus célèbre des forts en mer, le fort Boyard. En 1808, l’empereur, de passage à Aix, y fait une escale afin d’accélérer l’avancée des travaux qui se termineront 50 ans plus tard ! L’île d’Aix est alors une véritable base militaire qui peut abriter, en temps de conflit, jusqu’à 4000 soldats.

Mais le lien qui lie définitivement le petit Corse aux terres aixoises est le séjour qu’il y fit, entre le 12 et le 15 juillet 1815, entre l’espoir d’un retour aux affaires et le renoncement de sa gloire passée. Après trois jours d’incertitude, il croit pouvoir trouver refuge en Angleterre et embarque à bord du Bellérophon.

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La Baby-plage, si jolie et interdite à la baignade. 

Côté jardin, la façade du Musée napoléonien.

Le fort Liédot est enterré sur la partie la plus haute de l’île, 9 mètres d’altitude.

Trois mois plus tard, il mettra finalement pied à terre sur l’île de Sainte-Hélène. Le bourg d’Aix aura donc abrité sa dernière demeure française. Ironie du sort, c’est lui qui avait décidé la construction de la Maison du Gouverneur pour accueillir le commandant de la place. Elle est aujourd’hui un musée dédié à l’empereur.

L’île d’Aix qui fut un lieu de prières pour les moines, une place forte pour les miliaires devient, dans les années folles, le rendez-vous de la Jetset.

Lorsqu’en 1925, le baron Napoléon Gourgaud apprend par la presse qu’Aix n’est plus que friches et ruines, son sang ne fait qu’un tour. Lui, l’arrière arrière-petit-fils du Général Gourgaud, qui accompagna l’empereur jusque dans l’exil, ne peut laisser l’île sombrer. Avec sa femme, Eva Gebhard, riche héritière américaine, il met tout en œuvre pour la sauver et y apporter de la vie. Le couple finance la réhabilitation de la Maison du Gouverneur en musée et se charge de dénicher des collections. Il investit dans la construction d‘une digue afin de permettre un service de navette régulière avec le continent. Tous deux grands amateurs de safari, ils créent un musée africain, où est exposé un probablement faux dromadaire, rapporté des campagnes d’Égypte.  Réputée excentrique, avec sa maison peinte en rose et ses tenues toujours dans les mêmes tons, la baronne donne dans l’action sociale, faisant réhabiliter les maisons en logements sociaux, offrant des cadeaux aux baptêmes, communions et mariages. Le couple attire aussi la haute société, qui considère l’île comme une véritable station balnéaire. Le tourisme est lancé, il permettra aux 200 habitants de rester sur leur petit bout de terre.

Avant de reprendre la navette pour le continent, passage obligé vers la plus fameuse carte postale de l’ile : ses deux phares quasi-jumeaux dont les lumières se conjuguent pour éclairer tous ceux qui savent que la renommée de la petite Aix n’est pas usurpée…

Le nouveau livre de

Jean-Philippe

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d’empathie, d’entraide et

d’amitié.

 

Depuis le rivage de l’île, la silhouette incontournable du Fort Boyard, interdit à la visite !

Rencontre sur l'ile Madame

«Mes parents ont été obligés de se réfugier sous la charpente, l’île était quasiment entièrement recouverte par la mer. Cette nuit-là, ils ont eu la peur de leur vie!».

Cette nuit dont parle Jean-Philippe, c’est celle de la tempête Xinthia, qui, en février 2010, frappa les côtes atlantiques. Pourtant, la famille Mineau a relevé les manches et tout reconstruit.

Elle exploite la majorité des terres de l’île Madame, uniquement accessible à marée basse, qui est la plus petite et la plus sauvage de Charente-Maritime. De la culture des huîtres en claires aux crevettes impériales, de la production de salicorne à la récolte de sel, Elisabeth, Jean-Pierre et leur fils font visiter leur ferme aquacole. Et quand sonne l’heure de se restaurer, ils proposent de déguster leur production locale et bio !

Et un gaspacho de salicorne, un !

EMBARQUEZ POUR LES ÎLES D'AIX ET MADAME.

INFOS. Office de tourisme de Rochefort Océan

ALLER À AIX : Pas de voiture, seuls les piétons accèdent à l’île d’Aix par bateau. Toute l’année, c’est au départ de Fouras-les Bains qu’on prend le bac, direction Pointe de la Fumée. Il suffit de consulter les horaires du Service Maritime.

Entre avril et novembre, plusieurs croisiéristes proposent des escales à l’île d’Aix.

ALLER À L’ILE MADAME :  À pied, à cheval ou en voiture, c’est comme vous voulez. Seul impératif, vérifiez bien les horaires des marées pour éviter de vous faire piéger au milieu de la Passe aux Boeufs qui relie l’île au continent.

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