GUINéE

Trek au pays de Kirikou

Voyage Grand format

« KIRIKOU », LE CONTE AFRICAIN MIS EN IMAGES PAR MICHEL OCELOT, EST NÉ ICI, EN GUINÉE, AU PIED DU MASSIF DU FOUTA DJALON. UN PAYS SEMÉ DE RIVIÈRES ET DE CASCADES OÙ ON RANDONNE DE VILLAGE EN VILLAGE, A LA RENCONTRE DES SOUSSOUS ET DES PEULS.

Du plateau, toute la vallée s’offre au regard, verte et touffue au pied des falaises. Entre les manguiers, les fromagers, les papayers, un filet de fumée permet de repérer de loin un minuscule village. Encore deux bonnes heures de marche et nous arrivons à Doughéa. Comme dans les contes africains, les cases de torchis aux toits pointus sont disposées en rond, au milieu d’une clairière. “Foté, Foté!”, “Les blancs, les blancs!”… Les enfants sonnent l’alarme. Les femmes s’arrêtent un instant de piler le riz. Le chef du village nous accueille, impérial dans son grand boubou bleu ciel. C’est ici que nous plantons la tente pour notre première halte au pied du massif du Fouta Djalon, en Guinée.

A 6 heures de vol de Paris, ce pays grand comme la moitié de la France a pris son indépendance en 1958, porté par le rêve du président Sekou Touré. Depuis, le socialisme à l’Africaine et le libéralisme international ont fait leurs basses oeuvres. Même si elle abonde en ressources minières – seconde productrice mondiale de bauxite, fer, diamants, uranium -, la république de Guinée sombre dans la pauvreté et figure sur la liste des PPTE (Pays Pauvres Très Endettés). A 100 km à l’est de Conakry, la capitale, près de la ville de Kindia, la région du Fouta Djalon offre pourtant des paysages de toute beauté, taillés pour la randonnée. Ce massif montagneux, quadrillé de canyons et de vallées, est surnommé le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, car les fleuves Sénégal, Gambie et Tinkisso, affluent du Niger, y prennent leur source. A ses pieds, l’eau est omniprésente, dévalant les pentes en ruisseaux, baignant les rizières, bouillonnant dans d’innombrables cascades. Alors tant pis pour les infrastructures touristiques quasi-inexistantes… L’agence française Nomade Aventure a fait le pari d’emmener les voyageurs à la découverte de cette Afrique authentique, au rythme de treks accompagnés par un guide local et des porteurs. Au programme, 4 à 7 heures de marche par jour, des bivouacs dans les villages et de belles rencontres avec les Soussous et les Peuls, les deux ethnies majoritaires dans la région.

PARTIR EN GUINEE-CONAKRY

De janvier à décembre, Nomade Aventure propose trois types de circuits en petit groupe de 9 à 15 jours à la découverte du Fouta Djalon et des plus beaux sites de Guinée, niveau dynamique, tranquille et en famille. Au menu, randonnée, baignades et rencontre avec la vraie Afrique.

Accueil joyeux à Yemberule, un petit village Soussou au pied du massif du Fouta Djalon.

Les tentes sont en place, le poulet aux arachides mijote sur le feu, nous voilà installés à Doughéa. Pas de salle de bain? Qu’à cela ne tienne! Au bout du chemin, après le pont de bois sur la rivière, nous découvrons avec délices le spa version soussou : une cascade paradisiaque, avec vasque d’eau claire pour barboter, jet hydro-massant naturel pour se rincer et roches plates pour se sécher. Bientôt, la nuit tombe sur le village. Après le repas, c’est l’heure du « bal poussière ». À la lumière d’un grand feu, une vieille femme jette de l’eau sur le sol, préparant la piste de danse. Les musiciens commencent à jouer, l’un du balafon, un autre du m’bolon, une boîte en fer blanc à quatre cordes, un troisième se sert d’un bidon comme  tambour. Formant un vaste cercle, les femmes en boubous multicolores claquent des pieds, entament le chant. « I Yembe Yam. Isato ? Ah Ah ! », dit la chanson. « Montre tes cuisses. Tu as vu ? Ah Ah ! », traduit Oumar, notre guide soussou qui a fait ses études à la ville. Soudain, n’y tenant plus, deux diablesses sautent sur la piste, se mesurant du corps et du regard.

Le mot de Pascale

"Vous vous souvenez des aventures de Kirikou, ce garçon tout petit mais très malin qui aide les villageois à combattre la sorcière Karaba et ses fétiches? Cette superbe trilogie de films d'animation de Michel Ocelot est sortie sur nos écrans entre 1998 et 2012. Eh bien Kirikou est né en Guinée! Pas étonnant, puisque c'est dans ce pays d'Afrique de l'ouest que le réalisateur a passé son enfance. Et qu'il s'est inspiré de ses couleurs et de sa musique pour mettre en images ce conte africain. En pays soussou, au pied du Fouta Djalon, j'ai rencontré beaucoup de petits Kirikou."

Bientôt, leur danse folle fait vibrer le sol. Leurs sœurs les poussent, c’est à leur tour de jouer. Les blancs vont voir ce qu’ils vont voir ! Quelque part en pays soussou, le cœur de l’Afrique bat à cent à l’heure, les enfants s’endorment sur le dos de leurs mères et les étoiles s’allument dans le ciel, loin, bien loin des villes.

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Bain de fraîcheur aux chutes de Kilissi

Parée pour le bal-poussière! 

Jour de marché sur les rives du lac de Samaya

Au petit matin, l’appel à la prière retentit entre le chant du coq et les bruits de casseroles. Les Soussous et les Peuls, comme la majorité des Guinéens, sont musulmans, mais ils pratiquent un islam tolérant, teinté d’animisme. Les premiers sont agriculteurs, les autres éleveurs. Seulement chargés de nos bagages pour la journée, nous quittons le village en empruntant les sentiers sinuant entre les champs, où se côtoient les hautes tiges de maïs, de mil, de riz sauvage. En chemin, nous croisons Abdul Rahim Bà. Trois à quatre fois l’an, cet éleveur peul descend de la montagne pour offrir de bons pâturages à son troupeau de 25 vaches. Dans sa case, qu’il nous invite à visiter, règne une douce fraîcheur et chaque objet tient sa place : là le grand lit de bois, où dort toute la famille, ici un tabouret avec posée, bien pliée, la djellaba des grands jours et sur le mur du fond, une impressionnante batterie de plats émaillés.

La colonne de porteurs est déjà loin quand nous nous enfonçons dans le canyon de Halaraguiri. Là, au creux de la forêt, le chemin se fait plus difficile, il faut regarder où l’on pose les pieds. Dans la pénombre vert-bleutée, les racines des grands arbres à contreforts nous tendent des embûches. Les troncs des palmiers se hérissent d’épaisses épines. Sous la frondaison, résonnent les appels des calaos et le chant des grenouilles arboricoles. Dévalant entre roches et lianes enchevêtrées, l’eau sourd de partout en cascades. Elle attire dans son sillage des myriades de papillons : rouge vif, bleu océan, vert à paillettes… Un spectacle si poétique qu’on en oublierait les autres sympathiques hôtes de la forêt, comme les scolopendres de trente centimètres de long ou le mamba noir, un serpent à la morsure mortelle.

Merci à Jocelyn Chavy, qui a signé les images de ce reportage en Guinée. Il anime aussi Alpine Mag, un site dédié à l’aventure en montagne. Allez voir, c’est (presque) aussi bien que notre Limonade à Tombouctou! 

En pirogue, cap sur les îles du lac de Samaya, au pied du mont Gangan.

A 6 heures de marche, Yemberule se niche à l’abri de la falaise, dans un jardin d’Eden : plantations de tarots, d’anacardiers (l’arbre à noix de cajou), de gombo, de riz sauvage… Balayé de près, le village semble tout droit sorti des aventures de Kirikou.  Tout y est : les cases rondes en pisé ocre, l’enclos des vaches N’dama à la robe couleur café crème, l’échelle de bois pour grimper dans le manguier, les tapis de grains qui sèchent au soleil et les poules qui picorent en liberté. Ce soir, c’est Mariama Sow, la troisième femme du chef, qui cuisine notre repas. Au menu, boulettes de boeuf, couscous fonio et ananas frais… Jusque tard dans la nuit, nous discutons avec notre guide Omar et quelques gars du village. L’avenir de la Guinée, l’émigration des jeunes vers l’Occident, la difficulté pour les enfants d’aller à l’école, nous refaisons le monde sous l’arbre à palabres.

Demain, c’est jour de marché à Samaya. Depuis la construction d’un barrage au pied du mont Gangan, dans les années 1980, un immense lac artificiel a englouti sous ses eaux la vallée et les villages environnants. Mais qu’à cela ne tienne, les Guinéens sont ingénieux! Chaque dimanche, magbanas, minibus, camions et pirogues colorées convergent vers ses rives pour vendre et acheter un peu de tout : avocats, oranges, bananes, ananas, poisson séché, tissu indigo, vêtements, lunettes de vue, postes radios, téléphones mobiles… L’ambiance est animée et c’est l’occasion d’échanger les nouvelles de la semaine, de la parentèle, de prévoir des unions. Les courses terminées pour le dîner, nous embarquons en pirogue vers les îles du lac. De grands arbres morts tendent leurs branches à fleur d’eau et dans le ciel qui rosit, des aigrettes volent en escadrille. Plonger dans l’eau verte, ramasser du bois pour le feu, regarder les étoiles… Ce soir encore, l’Afrique a le goût de l’aventure.

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PARTIR en guinÉe-conakry

De janvier à décembre, Nomade Aventure propose trois circuits en petits groupes (4 à 10 personnes maximum) à la découverte du Fouta Djalon et des plus beaux sites de Guinée : « Au coeur du Fouta Djalon » (15 jours, niveau dynamique), « La Guinée entre randos & rencontres » (10 jours, niveau tranquille) et un voyage en famille (9 jours, niveau tranquille). Au menu, des marches de 4 à 7 h par jour, des baignades, des hébergements en cases ou sous la tente, des repas aux couleurs locales (des beaux échanges avec la population locale. L’équipe accompagnatrice se compose d’un guide francophone, d’un chauffeur pour les transferts et d’un cuisinier.  

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