L'ARMÉNIE

Nouveau Far East

Voyage Grand format

INDÉPENDANTE DEPUIS LA CHUTE DE L’URSS, L’ARMÉNIE S’OUVRE AUX VOYAGEURS. D’EREVAN, SA CAPITALE, AUX HAUTS PLATEAUX DU CAUCASE, ON Y COLLECTIONNE MONASTÈRES PERCHÉS, MEZZE SOUS LA TREILLE ET PAYSAGES DE WESTERN AU RYTHME DE LA RANDONNÉE.

En ce jour d’automne, un franc soleil éclabousse la route en lacets qui grimpe vers le massif volcanique de Vayots Dzor, sur le haut-plateau arménien. Le long de la rivière, frangée par le rideau or des peupliers, s’égrainent des fermes en torchis, des meules de foin, des vergers croulant sous les fruits. Dans une courette en terre battue, un mécanicien ausculte le moteur en berne d’une Lada, capot grand ouvert. Plus loin, un sentier s’amorce au pied des montagnes ocre, dignes d’un décor de western. C’est parti pour une randonnée à grand spectacle entre steppe et pruniers sauvages vers le monastère de Tsakhats Khar, fondé au Xe siècle…

En 1991, la république soviétique socialiste d’Arménie proclamait son indépendance. Exsangue après 70 ans de communisme, le pays renaît aujourd’hui, en grande partie grâce aux subsides de sa diaspora : 8 millions d’Arméniens dans le monde, contre 3 millions dans le pays ! L’Eglise arménienne, longtemps mise en sommeil, utilise les dons qui affluent pour restaurer les quelque mille monastères médiévaux éparpillés dans les montagnes. Dans ce petit pays du Caucase, enclavé entre Géorgie, Turquie et Iran, le tourisme reprend aussi : les Français, notamment, plébiscitent les randonnées proposées par des voyagistes comme Terres d’Aventure. En chemin, les voyageurs partagent un peu de la vie quotidienne des Arméniens et collectionnent des paysages taillés pour les rêveurs : falaises et gorges abruptes, vertes vallées, volcans éteints, lacs d’altitude.

PARTIR EN ARMÉNIE

Terres d’Aventure propose plusieurs circuits randonnée en Arménie, dont deux combinant la Géorgie et l’Iran. Tous incluent les vols AR Paris-Erevan, les randonnées accompagnées par un guide francophone et l’hébergement en hôtels de charme et guesthouses. 

Le mont Ararat reste cher au coeur des Arméniens. Selfie avec le géant enneigé à Khor Virap, à la frontière entre l’Arménie et la Turquie.

Rasée par les Soviétiques, reconstruite en tuf rose dans le style néo-arménien, Erevan, la capitale, déçoit les amateurs de vieilles pierres. Mais elle a entrepris avec passion de revisiter ses traditions. Au cœur de la ville, la colline de la Cascade a été transformée par le milliardaire américain Cafesjan en centre d’art contemporain en plein air. Au fil de son escalier monumental, très « soviet style », s’égrainent des sculptures de Botero, Lalanne, Ji Yong Ho… Le soir, à la belle saison, la jeunesse se retrouve sur le parvis pour réapprendre les danses traditionnelles, longtemps interdites. L’envoûtant duduk, le hautbois arménien, mène la ronde. Sur le marché aux puces du Vernissaj, samovars, couverts en argent et kilims  « vintage » se bradent pour quelques drams, la monnaie locale. Aux terrasses de Saryan street, repaire des trentenaires de la nouvelle classe moyenne, on savoure le lahmajoun, la pizza locale, sur de délicieux vins de la région de Vayots Dzor. Au beau musée Matenadaran, s’exposent les manuscrits enluminés des vieux monastères arméniens, traités de philosophie, de médecine, de musique échappés au pillage et restaurés par des experts.

Le mot de Pascale

"Des monastères perchés, du pain cuit au four à bois, des vins sublimes... Qu'on soit croyant ou pas, l'Arménie est un road-trip biblique, qui transporte le voyageur aux débuts de la chrétienté. Pour savourer à fond son histoire, oubliez le minibus, partez à pied sur les chemins des hauts plateaux du Caucase et faites escale chez l'habitant. Promis, vous me remercierez!"

Erevan revit, mais elle n’oublie rien. En témoigne le saisissant mémorial aux victimes du génocide arménien, perpétré par le mouvement nationaliste des Jeunes Turcs en 1915. 1,2 millions de morts, des milliers d’exilés sur les routes, un pays en ruines, aux frontières réduites de moitié… De ces hauteurs, le regard porte jusqu’aux cimes enneigées du mont Ararat, 5165 mètres. Noé, dit la Bible, y aurait posé son arche après le Déluge. Cédé à la Turquie par l’URSS après le génocide, ce géant reste cher au cœur de tous les Arméniens. Sur la route qui file vers le sud, il occupe encore tout l’horizon, scintillant tel le logo de la Paramount contre le ciel bleu.

Entrée de métro à Erevan, la capitale. 

Dégustation de lahmajoun, la pizza arménienne.

Vestige de l’ère communiste à Erevan 

C’est la saison des vendanges. Au premier arrêt, en vue des tours du monastère perché de Khorvirap, une famille de paysans réunie autour d’un tracteur antédiluvien nous offre de belles grappes rouges, pour la soif…  

Dans ce tableau biblique, les voyageurs remontent le fil du temps… « Nous sommes au IIIe siècle après JC, raconte le guide et historien Gevorg Margaryan. Alors que l’Empire romain jette ses derniers feux, le roi d’Arménie Thiridate III pourchasse les chrétiens sur ses terres. Parmi eux, un certain Grégoire l’illuminateur, savant à la cour, galvanise les foules. Le roi l’envoie croupir dans une fosse, mais il est bientôt frappé d’un mal étrange … »  Au fil du récit, la légende rejoint la réalité. Au pied des tourelles de pierre de Khor Virap, gît la fameuse fosse de Grégoire. Plus loin, les ruines du petit temple païen de Zvartnos se blottissent au milieu des abricotiers ; c’est ici que le roi, guéri par Grégoire, aurait embrassé la foi chrétienne. A Etchmiadzin, le saint fonda la première église d’Arménie. Le Catholicos, le patriarche de l’Eglise, y siège encore et depuis le départ des Soviétiques, le lieu est redevenu monastère-école de 500 moines…

Plus haut, toujours plus haut, le monastère de Noravank s’arrime à la falaise, au bout de gorges vertigineuses. Une situation choisie au Moyen Age pour protéger des pilleurs les riches manuscrits enluminés produits dans son scriptorium. Autrefois, les moines y vivaient en troglodytes, dans des grottes creusées à flanc de paroi. Aujourd’hui, une route asphaltée a remplacé le chemin muletier qui reliait le monastère au reste du monde. Dans la minuscule église aux murs noircis de suie, un prêtre célèbre un baptême. Parfums d’encens, lueur vacillante des bougies, visages des femmes encadrés de foulards, le rituel archaïque a presque des accents païens. Dehors, le soleil couchant fait rougeoyer une sublime Vierge à l’enfant, sculptée au XIIIe siècle sur le porche.

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Perché sur le massif volcanique de Vardenis, le monastère de Tsakhats Kar se découvre au rythme de la randonnée. Fondé au Xe siècle, il abrite encore de somptueuses fresques et croix khatchars.

Mais c’est à pied qu’on prend le mieux la mesure du pays, la gentillesse de ses habitants.  Dans la steppe semée d’herbes folles d’Arguitchi, au pied des volcans éteints, on croise des bergers veillant sur leurs troupeaux de moutons : les loups sévissent encore dans les parages… A flanc de falaise, on dévale le chemin vers les maisons troglodytes du vieux village de Chinouyar, abandonné après le tremblement de terre de 1931. Seul est resté le vieux Serguei Danielan, qui sourit de toutes ses dents en or à l’arrivée des visiteurs. On trinque avec lui à l’eau de vie, on touche comme un porte-bonheur l’antique pierre de fertilité qui trône dans le jardin en arrière, tardivement rehaussée d’une croix… Plus loin, un téléphérique flambant neuf nous emporte au dessus des gorges de Vorotan, jusqu’au monastère de Tatev: 15 minutes de vol pour découvrir ce bijou du IXe siècle, en cours de restauration, qui fut un grand centre intellectuel au Moyen Age. Tout encapuchonné de noir, l’archimandrite Mikaël est devenu le gardien des lieux. Non, il ne se sent pas reclus dans ces montagnes, « c’est si paisible et il y a tant à faire ». Le soir, nous posons nos bagages au village de Yereghenadzor. A la Gohar’s Guest House, Arminé et sa mère ont préparé un festin: brochettes d’agneau (khorovats), dolmas (feuilles de vigne farcies), salade de pois chiches, caviar d’aubergines, pain lavash…

Après le col de Sélim, le lac Sevan découvre son immense étendue d’eau bleue à 1900 mètres : c’est un des plus grands lacs d’altitude du monde, 78 km par 56, deux fois et demie le lac Léman ! Sur ses rivages, se déploient des villas cossues, un hôtel suranné autrefois fréquenté par les apparatchiks soviétiques. De la plage en contrebas, les plus courageux tentent un bain revigorant à 13°. Au vieux cimetière de Noradouz, en surplomb du lac, les moutons paissent  entre les vieilles croix khatchkars. Comme le veut la règle en Arménie, chacune est unique et le Christ n’y est jamais représenté : leur socle s’orne de racines, leurs bras s’achèvent en bourgeons sculptés à fleur de pierre. Comme un arbre de vie qui touche au cœur.

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PARTIR EN ARMÉNIE

SE RENSEIGNER : L’Office du tourisme d’Arménie n’est pas toujours très au point, mieux vaut donc prendre conseil auprès d’un voyagiste spécialisé. Passeport en cours de validité. Climat : continental, avec températures agréables de mai à octobre. Décalage horaire. + 2 h. Langue : l’arménien, anglais courant à Erevan.

Y ALLER :

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MES BONNES ADRESSES

A Erevan, Le Tufenkian Heritage Hotel offre l’option la plus luxueuse, avec ses 85 chambres trendy, son restaurant gourmet et son patio avec piscine, dans un bâtiment en tuf du XIXe siècle. Plus abordables, les B&B Villa Delenda (dans le centre ville) et Villa Ayghedzor (un peu plus excentré) cultivent eux aussi le charme historique : parquets, tapis, samovars. Ces deux adresses sont gérées par la Fondation Family Care Armenia, qui œuvre pour le développement du tourisme et de l’artisanat. Côté restau à Erevan, tester le traditionnel Mer Taghe, pour savourer les lahmadjouns, les pizzas à la mode arménienne (21/1 Tumanyan Street) et In Vino, un bar à vins branché, parfait pour découvrir les crûs locaux avec fromages et charcuteries (6 Saryan Street).  

A Yeghegnadzor, Gohar’s Guesthouse, une chaleureuse maison de famille, reconvertie en B&B depuis la fin de l’époque soviétique. Les repas (délicieux) sont servis sous la tonnelle, côté jardin. 

Au lac Sevan, Blue Sevan Hotel, un resort dans la pure tradition soviet, au décor un rien suranné. Mais les chambres offrent des terrasses avec vue sur le lac. Côté restau, coup de coeur pour les écrevisses et les truites grillées de l’auberge Tsaghkung, en bord de lac. 

A Dilidjan, B&B Armenia. Façade à balcon, parquets cirés, portrait du grand-père dans le salon : pleine de charme kitsch, la maison d’Amalya s’assortit aussi de petits pavillons côté jardin. Et la table est délicieuse !

A Garni, le Mountain View B&B, une maison et table d’hôtes à l’esprit « arty » : succulents mezze et terrasse avec vue la rivière, en contrebas. Nalbandian Street 3 à Garni. Tel : + 374 (0)77 801 025.

SHOPPING

Les amoureux de vintage font des trouvailles (kilims, couverts en argent, vieilles montres) au Vernissaj, le marché aux puces d’Erevan. On trouve aussi d’excellents vins arméniens chez In Vino, 6 Saryan Street.

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